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Créature du Destin

Hommage à Maria Callas
Publié le lundi 24 septembre 2007.


Phénomène vocal et génie dramatique, la “divina” aux yeux noirs a ébloui de son vivant les plus grands théâtres et opéras du monde. Elle a bouleversé l’approche de l’art lyrique en général et du bel canto en particulier, en associant à sa voix un engagement émotionnel unique. Décédée à l’âge de 54 ans un matin de septembre 1977, Maria Callas avait fini par se retirer dans son appartement parisien de l’avenue Georges Mandel. Fuyant l’amour qu’elle n’avait cessé de poursuivre, elle s’était figé dans un douloureux mutisme. Sa voix éreintée par des tournées mondiales incessantes, son âme fatiguée d’attendre qu’on la comprenne enfin, la Callas fit peu à peu silence, attendant que le destin lui prenne son ultime soupire. Pourtant acclamée aux quatre coins du monde, la vie de Maria Callas fut hantée par une profonde solitude. On l’a dite orgueilleuse, ambitieuse et horriblement désagréable. Mais où est le vrai entre un tempérament sans doute très exigeant et cette image de furie capricieuse ? La faute à ce perfectionnisme sans limites, sans doute. Si l’on pouvait lui reconnaître un caractère difficile, à la hauteur de ses exigences artistiques, cette agressivité carnassière dont ont fait part ses plus grands détracteurs a surtout été de l’ordre du fantasme. Le fruit pourri d’une aigreur refoulée. Au-delà de la légende, Maria Callas fut une incarnation du génie artistique et humain. Cantatrice tragique, prima donna fantasque au port de reine. Mais reine maudite qui ne domina jamais réellement son trône.

”J’ai eu le privilège de connaître une destinée extraordinaire. Je suis une créature du destin. Il s’est emparé de moi, il a tracé ma voie. Je ne m’appartiens pas mais suis le témoin extérieur de ma propre vie.” Maria Callas, 1970

Mathieu Menossi pour Evene.fr - Septembre 2007

Extrait de l’article de Mathieu Menossi